La page va se tourner
EXTRAIT du livre : « Et comme de tout cela les citoyens sont exclus, l’orage gronde et cherche sa foudre. Je n’ai, à la vérité, aucun doute sur l’issue. Le pouvoir, depuis vingt-cinq ans, se barricade. Mais ses murailles et ses fortifications ne tiendront pas en face de la marée qui monte. Les citoyens ont tout compris ou vont tout comprendre. Si on leur refuse l’information, ils iront la chercher, et ils la trouveront. Et ils agiront.
La page va se tourner. Quand ? Comment ? C’est là qu’est pour moi la seule incertitude. Il y a des années que les avertissements se multiplient, qui prennent toutes les formes par lesquelles un peuple s’exprime quand il n’accepte plus la situation qui lui est faite. Il l’a dit dans les urnes, à l’élection présidentielle comme au référendum. Il le dit dans la fréquence des alternances. Il le dit dans la rue, parfois. Il le dit dans les banlieues. Les démagogues pensent que ce peuple insatisfait va se tourner vers eux. J’espère et je crois qu’ils se trompent et qu’ils sous-estiment les Français : ils ignorent ce que peut un peuple de bonne volonté, instruit, formé, capable, qui attend simplement qu’on le prenne au sérieux et qu’on lui donne la place qui est la sienne en démocratie, la première. Qu’on le traite en partenaire de plein droit et de plein exercice. Qu’on l’écoute et qu’on le considère. (…) Verrouilleurs et démagogues contre démocrates, le combat n’est certes pas gagné d’avance. Il commence et il va falloir le livrer. Pour moi, j’y suis résolu. »
« Au nom du tiers état », 254 pages, Hachette Littératures, 16 €.
Voila qui traduit merveilleusement l'analyse que j'ai sur le mal français depuis longtemps. Si rien n'est fait, notre société finira de se déliter. Il faut écouter ce que sous-entendaient les émeutes de l'automne dernier. il faut écouter la violence des manifestations contre le CPE. Il aurait fallu écouter le malaise social ayant conduit Le Pen au deuxième tour en 2002.... Les privilèges existent aujourd'hui. Ils ne s'appellent plus quartiers de noblesse ou clergé, mais plutôt acquis sociaux, sécurité de l'emploi, lobbying divers. Où sont passés les rangs des Baby-boomers censés aprtir à la retraite en masse et donner ainsi un immense coup de fouet au marché de l'emploi? Pourquoi les jeunes embauchés n'ont-ils plus droit à aucun avantage et cotisent-ils pour ceux qui en sont actuellement titulaires, sans aucune garantie de pouvoir bénéficier un jour de telles cotisations?
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